10 décembre 2019

"Il est 4 h du matin. Vous avez la route pour vous seul. Et Studio Brussel à la radio."

« Quand j'ai l'occasion de partir tôt le matin, qu'il n'y a encore aucun embouteillage, que le soleil brille et que j'écoute Studio Brussel à la radio, cela me procure un sentiment dont je ne voudrais me passer pour rien au monde. » Cela fait 13 ans que Bart travaille comme chauffeur de camion. Bientôt, il pourra aller chercher son petit garçon ou sa petite fille à la crèche. En dépit de son travail trépidant à bord d'un impressionnant camion-citerne, il est aussi présent pour sa famille. À quoi ressemble le travail de chauffeur de camion ? C'est vous qui décidez.

Cela fait 13 ans que Bart est chauffeur de camion. Il a transporté différents types de chargements. À l'heure actuelle, il effectue des livraisons de carburant en Belgique. « Tous les jours, je sais ce que je dois faire. C'est le dispatcher qui gère ça pour moi. Mes clients sont des entreprises de transport, des stations-service, des dépôts de De Lijn, etc. C'est très varié et chaque jour est différent. Il y en a qui préfèrent transporter des plantes ou des produits alimentaires. Tout est possible en réalité. Quand le chargement est différent, le travail l'est aussi. »

Qu'est-ce qui l'a conduit à exercer ce métier ?

« J'ai été attiré par ce travail dès mon enfance. Ce qui m'a séduit exactement ? La liberté, le fait d'être mon propre patron sur la route, les camions aussi. Et dans la réalité, cela se passe exactement comme je l'imaginais ! Je gère mon horaire moi-même, je pars quand je veux. La journée, je peux même choisir comment je m’organise et dans quel ordre, à condition que je finisse ma tournée, évidemment. »

 

Je gère mon horaire moi-même, je pars quand je veux. La journée, je peux même choisir comment je m’organise et dans quel ordre.

A-t-il déjà envisagé de changer de métier ?

« Oui, évidemment. Cette idée me traverse parfois l'esprit. C'est le cas de tout le monde, non ? Mais je me rends compte alors de tout ce qui va me manquer et dont je ne peux vraiment pas me passer : le travail varié, la possibilité de déterminer moi-même l'heure de mon départ mais aussi quand je serai de retour à la maison. Et le fait que personne n'a les yeux braqués sur moi. La Belgique n'est pas très grande, mais en cours de route, j'apprécie énormément les paysages que je traverse. »

Un travail dans la logistique vous plairait-il ? 

Poursuivez la lecture ici

À quoi ressemblent les journées ?

Quand l'occasion se présente, Bart part le plus tôt possible, vers 4 h du matin. Il a alors la route pour lui seul et peut prendre de l'avance. En règle générale, il est de retour chez lui pour 15 h, ce qui lui permet d'aller chercher les enfants à la crèche ou à l'école. « C'est pour bientôt », dit-il en riant. 

Il va dormir vers 20 h car il doit se lever tôt. « En général, il me reste du temps pour faire du sport le soir. » Cela dit, il fait déjà plus d'exercice physique qu'un employé de bureau pendant la journée. (Un championnat du monde d'escalade en cabine, ça existe ?) 

Autrefois, il effectuait des transports internationaux et l'aménagement de sa cabine était super important. Rien n'y manquait. Y compris Netflix ? Évidemment. « Le confort est essentiel étant donné qu'on y dort toute la semaine. Maintenant, c'est un peu moins important pour moi. Quand je roule en Belgique, je me sens plus en sécurité qu'à l'étranger. »

Un chauffeur doit pouvoir et vouloir résoudre beaucoup de choses lui-même. Et ne pas stresser facilement. Évidemment, il y a les embouteillages, et c'est tout un art de pouvoir surmonter ça.

Est-ce un travail solitaire ?

« Oui et non. Il faut pouvoir rester seul et se sentir bien comme ça. Il est clair que cet aspect est important pour moi. Je n'ai pas besoin d'une équipe. C'est justement en raison de cette autonomie que je fais ce travail avec autant de plaisir. La journée, je rencontre néanmoins des gens. Et le soir, je suis à la maison. Un chauffeur doit pouvoir et vouloir résoudre beaucoup de choses lui-même. Et ne pas stresser facilement. Évidemment, il y a les embouteillages, et c'est tout un art de pouvoir surmonter ça. Avec l'aide de Studio Brussel. Mais pas trop fort afin de pouvoir encore bien entendre les messages. De manière générale, il y avait moins de contrôles et plus de liberté autrefois. Maintenant, on est suivi avec des systèmes de track & trace. Cela dit, ce n'est pas vraiment un problème (rire). Les contraintes de temps se sont toutefois intensifiées. Et il y a beaucoup de concurrence, en particulier une concurrence bon marché des pays de l'Est. »

« Il ne faut pas faire ça juste pour l'argent. » 

Que changerait-il s'il pouvait en décider ?

« Honnêtement ? L'aspect financier pourrait être amélioré. Il faut veiller à bien gagner sa vie. Mais on ne doit pas faire ça juste pour l'argent. Le fait de me sentir bien et de pouvoir gérer moi-même mes heures compte beaucoup pour moi. Le confort le long des routes devrait être “revalorisé” : parkings mieux surveillés, sanitaires propres... D'autres usagers de la route devraient obligatoirement venir se mettre à notre place dans un camion (par exemple lors de cours de conduite) pour voir comment ça se passe de notre point de vue. Ils nous comprendraient mieux et seraient plus positifs à notre égard. »

Quand il part en vacances, prend-il l'avion ?

« Non. Je prends volontiers le volant, y compris pendant les vacances. Je trouve que conduire à des vertus thérapeutiques. »